Les huiles essentielles

Ce sont des préparations simples issues de plantes médicinales, aromatiques et condimentaires. L’extraction des huiles essentielles, comme toute transformation, soit-elle seulement physique, implique l’utilisation de plantes conformes à la qualité exigée dans le cahier des charges concernant les modes de cultures, la récolte, et est soumise au contrôle interne du syndicat.

L’objectif est de révéler le plus fidèlement possible les constituants végétaux. La distillation à l’eau ou à la vapeur (hydrodistillation) est proscrite.

Distillation par entraînement à la vapeur d’eau

Cette technique, la plus couramment utilisée, permet d’extraire les essences contenues dans les végétaux sous des conditions gazeuses. C’est un procédé simple et très ancien mais un processus physico-chimique complexe et toujours délicat.

Les plantes

1/ Cultures et cueillettes

Jusqu’à l’arrivée près de l’alambic, le cahier des charges est le même que celui de l’herboristerie.
Les volumes de plantes concernées, étant souvent plus important qu’en herboristerie, il faut veiller en particulier :

- à la bonne gestion des stations ;

- à ne pas mélanger les « crus » récoltés. Le distillateur, l’agriculteur et le cueilleur doivent connaître les variétés botaniques (genre et espèce) ainsi que le type biochimique de la plante. Par exemple, deux Thyms vulgaires distants de 4 kilomètres peuvent donner d’un côté un cru riche en géraniol et de l’autre un cru riche en thymol, qu’il faut reconnaître ;

- à ne pas passer des plantes moisies, mal entreposées, transportées sur une remorque exposée au gaz d’échappement et à des poussières indésirables, la qualité des hydrolats et des huiles essentielles pouvant être altérée dangereusement en distillant des moisissures ou les traces des pollutions mentionnées ci-dessus ;

- aux emballages servant à transporter les plantes qui ne doivent pas être en plastique et doivent être propres ;

- aux ficelles agricoles qui peuvent servir à botteler certaines plantes et qui doivent être exemptes d’insecticides.

2/ Degré d’humidité des plantes à la distillation

a) Généralités

On peut distiller vert, préfané ou complètement sec. Dans tous les cas, le tassement des plantes doit être le plus judicieux possible pour permettre une visite homogène de la vapeur.
D’une manière générale, on préfère distiller des plantes préfanées, avec attention pendant quelques jours. Ainsi la vapeur d’eau a moins l’obstacle de l’eau des plantes dans son travail d’extraction des essences, et on diminue les risques d’hydrolyse.
Il est possible de distiller vert la plupart des plantes, mais cela demande des précautions. En particulier, il faut compenser par un moindre tassement des plantes dans la cuve et par un débit de vapeur plus important, en particulier au début de la distillation, tout en restant à des températures et pressions faibles. Le temps de traversée des plantes par la vapeur est un bon indicateur : il doit être le plus court possible dans les meilleures conditions de pressions et de températures.

b) Cas particuliers

- plantes qui ne se distillent que séchées, exemple : Menthe sylvestre

- plantes qui ne se distillent que fraîches, exemple : Verveine

3/ Broyage

Il est possible de broyer ou de hacher juste avant la distillation, les branches d’arbres, les rameaux et les arbustes. Les racines sont nécessairement broyées ou hachées. Par contre, les parties aériennes des plantes ne doivent pas se distiller broyées. Le broyage améliore souvent le rendement en essences et permet de raccourcir le temps de distillation.
Mais le broyage exige de prendre de grandes précautions au niveau des pollutions dues au broyeur et à sa source d’énergie.
Pour les résineux, il est important de choisir des rameaux les plus fins possibles, même si on les broie ensuite, si l’on veut obtenir de l’essence d’aiguilles ou de rameaux.

L’appareil

La production de vapeur sera toujours extérieure à l’alambic pour éviter la conductibilité du feu aux plantes. La conception même de l’appareillage doit permettre des conditions de circulation de la vapeur les moins comprimantes possibles, en particulier à la sortie de la cuve.

1/ L’alambic

a) Le matériau

Pour tout ce qui est en contact avec le processus d’extraction, on choisira :

- ou le verre

- ou l’inox alimentaire

- ou le cuivre alimentaire

Le fer chimiquement passivé est déconseillé, même s’il peut donner de bonnes essences. Le fer brut est proscrit, ainsi que les métaux trop corrodés. Le matériau doit être lisse et les soudures de bonne qualité. Dans tous les cas, le calorifugeage de la cuve est fortement conseillé et obligatoire pour les distillations non estivales en extérieur.

b) Les dimensions

A priori, le volume de chaque cuve à plantes ne dépasse pas 2000 litres. Au-delà, la distillation est plus délicate et demande une installation onéreuse, en particulier dans sa mise au point, et disproportionnée par rapport aux conditions de production et de récoltes SIMPLES. La hauteur de la cuve à plantes doit être modérée par rapport aux autres dimensions.

c) Le refroidissement

Le mélange eau-essences, à la sortie du refroidissement, ne doit être ni trop froid (difficulté de tri dans l’essencier) ni trop chaud (volatilité importante de certains composants)
Le serpentin classique a l’inconvénient qu’on ne peut contrôler visuellement son état intérieur. Entre deux types de plantes, un passage de vapeur dans toute la longueur du serpentin est nécessaire et suffit à le nettoyer des traces des distillations passées.

2/ La chaudière

- Basse ou haute pression : Qu’elle soit basse pression ou haute pression avec détendeur, la chaudière doit être prévue pour fonctionner en dessous de son débit maximum.

- L’eau : L’eau idéale est l’eau de source. Mais dans tous les cas, on doit s’assurer de la qualité de l’eau de production de vapeur comme exempte de pollutions chimiques. Il est interdit de corriger le pH et la thermie de l’eau avec des produits chimiques. Les détartreurs magnétiques et électromagnétiques sont autorisés pour les eaux dures.

- Températures, pressions et degré d’humidité de la vapeur : L’alambic et la chaudière doivent être équipés de thermomètres et de manomètres. La température de la vapeur à l’arrivée dans la cuve ne doit jamais dépasser 100°C. La pression à l’arrivée dans la cuve ne doit jamais dépasser les 100 grammes. Elle doit rester le plus près de la pression atmosphérique. Dans ces conditions, la vapeur doit être la moins humide possible. Il faut surtout éviter la re-condensation avant la cuve à plantes, appelée primage.

3/ L’essencier ou le séparateur florentin

Il doit être de dimensions suffisantes par rapport au débit de vapeur pour avoir le temps de trier les essences lourdes.

Il est lavé à chaque changement d’espèces de plantes, si besoin avec des agents lavants solubles à l’eau (éthanol, détergent dégradable type produit à vaisselle)

Récolte et conservation

1/ La durée de la distillation

La distillation doit être suffisamment longue pour extraire tous les composants attendus. Mais un excès de durée peut favoriser l’hydrolyse et fatiguer la fraîcheur des arômes. On cherche donc pour chaque plante la plus courte extraction complète dans les meilleures conditions de vapeur.

2/ Aération et repos

Malgré tout, le passage de l’essence à une température proche des 100° C demande en général que les huiles se reposent un jour ou deux dans des bouteilles non bouchées. Attention de ne pas risquer un début d’oxydation en laissant ouverte trop longtemps une bouteille ou en la laissant peu remplie.

3/ Décantation, filtrage

Les traces d’eau sont totalement éliminées par décantation. Il est conseillé d’utiliser une ampoule de décantation. La filtration sur papier non collé est recommandée.

4/ Conservation

Après l’élimination de toute trace d’eau, les huiles essentielles sont conservées :

- à l’abri de la lumière, dans du verre fumé, si l’obscurité n’est pas totale.

- avec un bouchage étanche des récipients, et une faible surface de contact à l’air.

- à une température la plus stable possible, jamais supérieure à 20°C, de préférence aux alentours de 15°C. Plus les récipients sont ouverts souvent, plus ils contiennent de l’air et plus les prélèvements sont fréquents, plus la température de conservation doit être proche de 5°C. Les bouteilles sont donc ouvertes le moins possible et laissées les plus peines, sans pour autant multiplier exagérément les transvasements, sources d’oxydation et de pertes de produits.
La dilatation des huiles essentielles lors d’une augmentation de température peut provoquer l’explosion de récipients trop remplis. Les pratiques d’adultération et de coupage n’ont évidemment pas de place chez SIMPLES, à aucun stade que ce soit.

5/ Expédition des quantités

En l’absence de toute trace d’eau, l’expédition des huiles essentielles, hormis celle des flacons de détail, est tolérée en bidon, d’aluminium, non verni en raison des risques de fendillement du verni, de sa composition et de l’impossibilité de le laver.

6/ Flacons de détails

- en verre fumé,

- capsules en polyéthylène tolérées, ainsi que les compte-gouttes si leurs tiges, courtes, ne plongent pas dans l’essence.

Les hydrolats

On produit les hydrolats à la vapeur d’eau dans les mêmes conditions de production que les huiles essentielles. Le rapport entre le poids d’eaux florales récoltées et le poids frais des plantes est variable. Il convient de ne garder que les premières eaux correspondant au tiers, à la moitié ou à la totalité du poids frais des plantes traitées, selon le type de plantes, le volume traité et la concentration désirée.
Il est important d’homogénéiser l’ensemble des hydrolats pour la vente au détail afin de proposer une concentration moyenne et régulière.

La conservation des hydrolats est moins bonne que celle des essences. Avec un bon bouchage et un conditionnement au frais à l’abri des rayons lumineux, on peut assurer un an de conservation.

On tolère le stockage dans des bidons en polyéthylène alimentaire, opaques s’ils ne sont pas dans l’obscurité.

Le Cahier des charges SIMPLES

Concernant les huiles essentielles et hydrolats

Producteur-distillateur exclusif en Bretagne

HUILES ESSENTIELLES - HYDROLATS - SAVONS